TURBULENCES INTÉRIEURES
Installation In situ - 2012
1er Festival des Bords de la Vire
Moulin Hébert - Troisgots
Turbulences intérieures , installation à la fois Chambre et Jardin, se développe à l'extérieur et à l'intérieur d’un four désaffecté, en liant l'architecture, le végétal et des copeaux d'inox. Lieu laissé à l’abandon, la nature y a lentement repris ses droits. L’invasion végétale, exaltée par l’artiste, évoque le passage du temps. En contraste, le métal, matière scintillante immuable face au temps, appelle à la mémoire du site par son effet sur notre persistance rétinienne.
« Une carte postale. Le Moulin Hébert se dresse au bord de l’eau, en arrière plan l’ancienne boulangerie envahie de lierre. Une écluse les sépare. L’image se froisse. La rivière comme continuité est interrompue. Je passe de l’autre côté et marche vers l’intérieur du four.
Le lierre grimpe le long du mur et retombe à l’intérieur de la bâtisse. Il l’envahit, la prend en otage, la submerge. Il s’étend et se lie à la pierre, la parcourt indifféremment à l’intérieur et à l’extérieur. Une autre vague se propage. Un mouvement chaotique, des tourbillons scintillants, un contact froid et tranchant. Inox. Cette espèce-là ne vit pas, mais rend visible la lumière, s’accroche à la plante. Subtil alliage, elle résiste au temps.
Henri Michaux murmure son Infini turbulent. « On est dans quelque chose comme la turbulence de l’air et des poussières d’une pièce fermée, jusque-là apparemment immobiles, mais qu’un rayon de soleil, passant par le trou d’un volet fatigué, démasque dans leur agitation folle, incessante, qui ne va nulle part, qui n’a pas de repos, ni de sens aucun.
NOTRE maintenant est cette turbulence »
Ce four est le lieu où réside la turbulence. Turbulence en demeure. Pierre, métal et végétal dansent et se mêlent. Ensemble ils dessinent l’image d’une nature hybride, d’une architecture métamorphique où l’esprit intranquille se cache.»
>> Lire le texte de Muriel Berthou Crestey/ Dans la maison vide








